NICOLAS SARKOZY ET LES FRANCAIS - 2007 - 2012

DAVID MARTINON : Le Conseil constitutionnel a jugé souverainement et, en vertu de la Constitution, ses décisions s’imposent à toutes les autorités publiques françaises. On ne peut pas aller contre cette décision

Point de presse hebdomadaire de M. David MARTINON, Porte-parole

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

Paris, le jeudi 23 août 2007

Point de presse du Porte-parole

David MARTINON - Le Président rencontre aujourd’hui, à 11 heures 30, Patrick VIEIRA, le capitaine de l’équipe de France de football. Ce sera l’occasion de le féliciter, et à travers lui toute l’équipe de France, pour la belle victoire d’hier qui montre la solidité de l’équipe de France.

Cette rencontre permettra également au Président de rendre hommage à l’engagement de Patrick VIEIRA pour la formation de la jeunesse africaine, notamment dans le cadre du projet DIAMBARS que Patrick VEIRA porte avec Bernard LAMA, l’ancien gardien de but du PSG, et Jimmy ADJOVI-BOCO, l’ancienne figure ” mythique ” du Racing Club de Lens. Ils seront d’ailleurs présents à cet entretien.

DIAMBARS est le nom d’un institut de formation pour les jeunes footballeurs qui est installé près de Dakar. C’est un centre de formation-détection des jeunes talents du football africain, qui se veut un endroit où l’on protège ces jeunes talents d’influences éventuellement néfastes et où, en même temps, on leur permet d’avoir une éducation générale beaucoup plus large qu’une éducation footballistique. C’est un projet que le Président connait bien pour y avoir apporté son soutien lorsqu’il était Président du Conseil général des Hauts-de-Seine. Il redira à ses trois invités combien il se réjouit que les modèles de réussite et d’intégration qu’ils sont s’investissent dans un tel projet et fassent du sport un vecteur de coopération culturelle et éducative entre l’Afrique et la France.

Le Président de la République déjeunera tout à l’heure avec François CHEREQUE, le Secrétaire général de la CFDT, afin d’évoquer le programme social de la rentrée. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des entretiens réguliers que le Président de la République a avec les dirigeants syndicaux. Elle sera suivie par d’autres dans les prochains jours, dés la semaine prochaine, que nous vous annoncerons en temps voulu.

Cette après-midi, le Président installera, à 16 h 00, la commission chargée d’élaborer un nouveau Livre Blanc sur la défense et la sécurité nationale.
Comme vous le savez, le dernier exercice de cette nature remonte à plus de dix ans, puisqu’il s’agissait du Livre Blanc sur la défense de 1994, préparé sous l’autorité de Marceau LONG, alors Vice-président du Conseil d’Etat. Ce document, dont chacun à l’époque avait souligné la grande qualité, mérite d’être réactualisé pour appréhender correctement un environnement international et sécuritaire qui a énormément évolué ces dernières années.
C’est donc pour mieux répondre aux nouvelles réalités mondiales que le Président a souhaité la rédaction de ce nouveau Livre blanc. Il sera l’occasion de réévaluer les objectifs de notre politique de défense, et devrait permettre de réfléchir à une modernisation de l’organisation et des moyens que nous mettons en œuvre pour les atteindre. L’accent devrait notamment être mis sur l’efficacité des ressources budgétaires et humaines mobilisées, dans un contexte budgétaire difficile.
C’est à M. Jean-Claude MALLET, conseiller d’Etat et grand spécialiste des question de défense puisqu’il a été Secrétaire général de la Défense nationale, que le Président de la République a confié la présidence de cette commission, qui fera également appel à un large panel d’experts et de personnalités qualifiées, et qui inclura, bien sûr, des représentants du Parlement et de hauts responsables civils et militaires.

Aujourd’hui toujours, à 17 h 30, et comme cela a été annoncé par la famille, le Président de la République recevra au Palais de l’Elysée la famille du journaliste Guy-André KIEFFER, qui a disparu en Côte d’Ivoire il y a maintenant plus de trois ans puisque c’était en avril 2004. Il leur exprimera sa solidarité dans cette terrible épreuve, mais surtout leur réaffirmera la détermination sans faille de la France pour que la lumière soit enfin faite sur cette affaire.

A 18 h00, le Président recevra, le jeune Chouaib LUSIKAMA accompagné de son père. Chouaib, c’est ce jeune homme de 17 ans, qui habite Epinal, et qui a subi pendant près de six mois, les brimades et les insultes racistes de son professeur de mathématique que la justice vient, d’ailleurs, de condamner. C’est une heureuse chose. Le Président entend par ce geste affirmer que, sous son mandat, le racisme sera combattu sous toutes ses formes en France. Il a tenu à recevoir le jeune homme pour lui témoigner sa profonde indignation face un comportement qui est évidemment intolérable.

Demain, vendredi, le Président effectuera un déplacement dans les Pyrénées atlantiques et en Gironde qui comportera trois étapes :
Il se rendra d’abord avec Michèle ALLIOT-MARIE à l’Hôtel de police de Bayonne pour parler de lutte contre le terrorisme. Ensemble, ils rencontreront un certain nombre d’acteurs de la lutte anti-terroriste avec lesquels ils feront le point sur les actions menées par notre pays dans ce domaine, et sur les résultats obtenus.
Les progrès accomplis dans ce domaine dans les cinq dernières années sont exemplaires, mais il faut évidement aller plus loin. C’est un sujet que le Président de la République connaît par cœur puisqu’il a été ministre de l’Intérieur pendant ces années là. Il avait décidé à l’époque, en 2002, un approfondissement très net de la coopération entre les services de police et de gendarmerie français et les services de la Guardia civil et de la police espagnole. Il avait d’ailleurs été décoré pour cela par le Président du gouvernement espagnol, en 2004, de la plus haute distinction espagnole pour la lutte qu’il avait menée aux côtés de l’Espagne contre le terrorisme de l’ETA.

Cette rencontre sera également l’occasion, pour le Président, de rendre hommage au courage et au travail exceptionnel des fonctionnaires de police et des gendarmes mobilisés dans ce combat qui est très difficile et qui a conduit à un très grand nombre de victimes en Espagne.

Le Président ira ensuite à Saint-Jean-de-Luz - et plus exactement sur le port de Saint-Jean-de-Luz - accompagné de Michel BARNIER. Il rencontra des pêcheurs avec lesquels il évoquera notamment un certain nombre de difficultés que rencontre aujourd’hui la profession. La discussion portera également sur les défis de la pêche française, et notamment sur l’importance de renforcer les contrôles contre la pêche illégale à proximité de nos côtes, et sur la nécessité que les pratiques de la grande pêche industrielle soient mieux régulées au niveau international.

Enfin, le Président se rendra à Arcachon, en Gironde, où il tiendra une table ronde avec des représentants locaux des professions touristiques. Il sera accompagné du Secrétaire d’Etat à la Consommation et au Tourisme, M. Luc CHATEL. Cette rencontre se tiendra au Palais des Congrès d’Arcachon, et sera l’occasion de tirer un premier bilan de la saison touristique qui s’achève. Comme vous le savez, ce secteur est évidemment essentiel pour l’économie française : avec 78 millions de touristes en 2006, la France reste le premier pays de destination touristique et le troisième en termes de recettes, derrière les Etats-Unis et l’Espagne. Le tourisme représente 6,5 % de notre PIB. C’est un secteur où le gisement d’emplois est majeur. Il convient donc de l’exploiter à fond.

Lundi prochain, 27 août, le Président de la République ouvrira au Palais de l’Élysée la XVème Conférence des Ambassadeurs qui se déroule cette année, du 27 au 30 août. Comme vous le savez, la Conférence des Ambassadeurs réunit chaque année l’ensemble des chefs de mission diplomatique et marque traditionnellement la rentrée diplomatique. C’est aussi un moment de réflexion en matière de politique étrangère. Ce sera donc l’occasion, pour le Président de  la République, de délivrer un discours important en matière de politique étrangère. Ce sera, d’ailleurs, son premier discours portant uniquement sur tous ces sujets depuis son élection. Vous pourrez y assister puisque cette partie là vous sera ouverte.

Lundi toujours, à 15 h 30, le Président se verra remettre le premier bilan annuel du Haut Conseil de l’Education sur les résultats du système éducatif, qui porte cette année sur l’école primaire. Ce rapport sera remis en présence de M. Xavier DARCOS, Ministre de l’Education nationale, par le Président du Haut Conseil de l’Education, M. Bruno RACINE. Je vous rappelle que le Haut Conseil de l’Education avait été  crée en avril 2005 par François FILLON, alors ministre de l’Education Nationale. Son rôle est de formuler des propositions concernant la pédagogie, les programmes, l’organisation et les résultats du système éducatif et la formation des enseignants. Le Président souhaite que cette rencontre ne soit pas simplement l’occasion de dresser un bilan des actions menées par le HCE mais qu’elle permette de discuter aussi les sujets sur lesquels le Haut Conseil pourrait être amené à réfléchir à l’avenir : pédagogie, programme,···

Mercredi 29 août, le Président tiendra à l’Elysée une réunion pour faire le point sur les conséquences du passage du cyclone DEAN dans les Antilles françaises et sur les mesures qu’il convient de prendre pour aider la Martinique et la Guadeloupe à les surmonter. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité de la visite qu’a faite le Premier ministre, accompagné du Secrétaire d’Etat à l’Outre Mer, et dont ils rentrent en ce moment même. Elle réunira autour du Président l’ensemble des élus antillais - députés, sénateurs, présidents de conseils régionaux et généraux - ainsi que les ministres concernés par ce dossier.

Jeudi 30 août, le Président installera la Commission présidée par Jacques ATTALI sur les freins à la croissance et qui a pour mission d’identifier tous les obstacles à la croissance. La création de cette commission, sur modèle de la commission Armand-Rueff de 1959, avait été annoncée par le Président dès le 20 juin dernier lorsqu’il avait reçu les parlementaires de la majorité à l’Elysée. C’est une mission fondamentale parce que elle doit permettre d’identifier et de préciser les réformes structurelles qui nous permettrons d’augmenter notre croissance potentielle et notre  compétitivité. Dans l’esprit du Président et du Président de la Commission, celle-ci doit vraiment entrer dans le détail pour véritablement bâtir une forme de mode opératoire de la réforme.

Le Président, aura, ensuite, le même jour, un déjeuner avec M. BARROSO, le Président de la Commission européenne. Ce sera l’occasion pour les deux hommes de passer en revue les grands sujets européens.

Le même jour, le Président de la République se rendra à Jouy-en-Josas où se déroulent les Universités d’été du MEDEF et où il prononcera un grand discours sur la politique économique qui marquera l’entrée dans la deuxième phase des réformes économiques. Après l’adoption de la loi dite ” TEPA “, en faveur du travail, l’emploi et le pouvoir d’achat, cette nouvelle étape nous permettra d’aller plus loin dans les réformes et de contribuer à renforcer la compétitivité de l’économie française.

Dernier événement à retenir : le Président de la République installera, vendredi 31 août, à 14 h 30, la Commission sur le Plan Alzheimer, présidée par le Professeur Joël MENARD. Comme vous le savez, Nicolas SARKOZY a fait de la meilleure prise en charge de cette maladie un enjeu national et une priorité de sa présidence.

Je vous rappelle que c’est une maladie qui touche aujourd’hui 860 000 personnes et chaque année on enregistre de l’ordre 225 000 nouveaux cas. C’est donc un fléau majeur.

Le Plan Alzheimer, décidé par le Président et que la Commission est chargée d’élaborer, vise, aux termes de la lettre de mission que le Président de la République avait adressé le 1er août au Professeur MENARD, d’abord à fédérer et à optimiser les efforts de recherche pour favoriser la découverte en France d’un diagnostic validé et d’un traitement efficace de la maladie d’Alzheimer. Ensuite, d’améliorer la qualité de la prise en charge des malades et de leurs familles, et troisièmement de renforcer la communication sur la maladie, sur sa prise en charge et sur la recherche autour de cette maladie. La Commission proposera ses premières orientations pour le 21 septembre, qui est la date de la Journée Mondiale pour la maladie d’Alzheimer et présentera son plan dans sa globalité le 1er novembre prochain pour une mise en œuvre au début de l’année 2008.

Voilà j’en ai terminé. Si vous aviez des questions, je serai ravi d’y répondre.

QUESTION - Concernant la Commission que présidera Monsieur
ATTALI, est-ce que vous pourriez préciser un petit peu la durée pour
laquelle cette commission sera installée ? Quand est-ce que vous
attendez des premiers rapports ? Est-ce qu’il y a un agenda qui est
donné pour cette commission ? 

DAVID MARTINON -Le Président souhaite que la Commission
ATTALI puisse rendre des premiers éléments de diagnostic très
rapidement. Je ne vous donne pas un calendrier précis mais il y aura à
la demande du Président, un pré-rapport comportant déjà un certain
nombre de recommandations.

QUESTION - Au sujet de la visite du Président demain à
Bayonne, est-ce que le Président va annoncer de nouvelles initiatives
dans la lutte contre le terrorisme et est-ce qu’il a une inquiétude au
sujet de la recrudescence des attentats dans le pays basque français
depuis le début de l’année ?

DAVID MARTINON - Le Président suit ce sujet-là avec une
particulière attention et avec l’expérience de celui qui a  mené le
combat contre le terrorisme basque depuis un certain nombre d’années.
Quant à de nouvelles initiatives, vous savez, en matière de lutte
contre le terrorisme et de coopération des services de renseignements,
ce ne sont pas forcément des choses que l’on dit au grand
jour. Ce que je peux vous confirmer, c’est que depuis 2002, instruction
a été passée par le Ministre de l’Intérieur de l’époque et par ses
successeurs que les services de police et de gendarmerie français
communiquent et travaillent très étroitement avec leurs homologues
espagnols. Et de manière croisée, c’est-à-dire pas simplement la police
avec la police et la gendarmerie avec la Guardia civil.
C’est une coopération ” tous azimuts “. J”avais déjà eu l’occasion
d’en parler ici, mais il faut vraiment que vous sachiez que les
services de police français et espagnols travaillent main dans la main,
organisent des opérations communes, et identifient des cibles en
commun. C’est vous dire à quel point cette coopération est étroite,
mais il ne m’appartient évidemment pas de dire en quoi consisteraient
d’éventuelles initiatives. Tout cela mérite le secret.

QUESTION - Est-ce que vous avez des commentaires à faire sur la photo de Paris Match qui a été modifiée ?

DAVID MARTINON - En ce qui concerne le Président, la seule
ligne dont nous nous préoccupons, la seule ligne sur laquelle nous
travaillons, c’est sa ligne politique et diplomatique. Pour le reste,
nous manions assez mal le logiciel Photoshop ici, vraiment. Beaucoup
d’autres font cela beaucoup mieux que nous.

QUESTION - Je voulais savoir si le Président avait lu le livre de Yasmina REZA et ce qu’il en pensait ?

DAVID MARTINON - Il ne l’a pas lu. Il l’a reçu mais il ne l’a
pas lu. Et donc, par définition, pour le moment, il n’en pense rien.
Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il a vraiment souhaité que
Yasmina REZA puisse travailler le plus librement possible, ce qu’elle a
fait, si j’en crois les commentaires qui sont faits sur son livre. Je
peux vous confirmer que l’on a toujours tout fait
avant et pendant la campagne pour que Yasmina puisse se trouver au cœur
de l’action. Et c’est ce qui s’est passé dans 95% des cas, il y avait
quelques situations où cela n’était pas possible mais c’était vraiment
des cas d’exception. Pour le reste, elle a vraiment travaillé
totalement librement donc j’imagine que ce qu’elle écrit est le reflet
fidèle de la réalité.

QUESTION - Il a l’intention de le lire ?

DAVID MARTINON - Je ne sais pas.

QUESTION - Pour compléter la réponse que vous avez faite à
mon confrère japonais, c’est donc Paris-Match qui a pris la décision de
” photoshoper ” cette photo ou y a-t-il eu une suggestion de l’Elysée ?

DAVID MARTINON - Vraiment, je vous confirme que la seule
ligne dont on s’occupe ici, c’est la ligne diplomatique et politique.
Pour le reste, en ce qui concerne les logiciels de retouches d’images,
nous ne sommes pas très bon à l’Elysée.

QUESTION - Vous pouvez ne pas être très bon mais vous pouvez
faire des suggestions. C’est Match qui a le Photoshop, cela j’en sui
sûr, mais est-ce que c’est Match qui a pris la responsabilité seul,
avec Monsieur Lagardère, ou est-ce une suggestion de l’Elysée ?

DAVID MARTINON - Il n’y a eu évidemment aucune instruction,
aucune demande d’aucune sorte. D’abord, il aurait fallu que l’on ait
les photos avant, que l’on s’en préoccupe. Pour le reste, posez la
question à vos confrères. Je vois que vous êtes d’ailleurs très
attentifs au travail de vos confrères en général, cela vous honore,
cela montre que la presse en France est animée par le souci de se
concurrencer, ce qui est tout à votre honneur.

QUESTION - Est-ce que 100 jours à l’Elysée, cela se fête ? Et
deuxième question, est-ce que vous avez l’intention de passer les 100
prochains jours sur le même rythme ?

DAVID MARTINON - Pas que les 100 prochains ! Mais sur les 100
premiers jours à l’Elysée, il y a une contradiction dans votre
question, Monsieur RIDET, parce que c’était en plein milieu des congés.
Donc les 100 jours, on les a fêtés à la plage, pour ceux qui ont pu
prendre des vacances, c’est-à-dire pas tout le monde. Mais non, on n’a
rien fêté du tout et je vous confirme que la rentrée sera animée,
au-delà des 100 prochains jours.

QUESTION - Concernant le livre blanc et le terrorisme. Donc
un nouveau livre blanc va être établi. Une des choses qui avait été
mentionnée au tout début, en mai, quand M. SARKOZY venait d’être élu,
c’est qu’une commission parlementaire pourrait être mise en place pour
avoir une sorte de vue sur les travaux de renseignements en France.
Apparemment cette commission ne va pas être mise en place. Est-ce qu’il
y aura, dans le livre blanc, une volonté d’établir une commission qui
pourra regarder cela ?

DAVID MARTINON - Le sujet est essentiel mais malheureusement,
pour ce qui est de l’issue des travaux de la commission du Livre blanc,
par définition, on ne peut pas en préjuger. Deuxièmement, ce que je
peux vous confirmer, c’est que le Ministre de l’Intérieur, Nicolas
SARKOZY, avait dit lui-même qu’il était extrêmement favorable à la
création d’une telle commission parlementaire. C’était
une initiative de sa part. Pour autant, il s’agit par définition d’une
commission parlementaire, donc il revient au Parlement de s’en
préoccuper. Mais bien sûr que nous jugeons cette idée utile, le
Président ne peut pas de déjuger par rapport au Ministre de l’Intérieur
qu’il a été. Et d’ailleurs, c’est plutôt un retard français par rapport
à ce qui se passe dans le reste de l’Europe.

QUESTION - Six policiers français qui étaient chargés de
reconduire deux sans papiers en Guinée qui ont été accueillis par une
foule hostile et qui ont été blessés. Est-ce que cela vous inquiète ?
Est-ce que cela ne risque pas de compliquer notamment vos objectifs en
matière de reconduite aux frontières ?

DAVID MARTINON - C’est sûr que ce n’est pas acceptable parce
qu’en l’occurrence, on est dans le cadre du droit, on est dans le cadre
de décisions de justice, et il n’y pas de raison pour que l’on fasse
obstacle à l’application de la loi française. Par ailleurs, la
reconnaissance de ses ressortissants fait partie des obligations de
tous les Etats, au terme du droit international. Et je vous confirme
que nous n’allons pas nous arrêter de reconduire des étrangers en
situation irrégulière.

QUESTION - Est-ce que je peux poser des questions sur la
politique étrangère ? C’est deux ou trois petites questions mais qui
sont liées entre elles. Nous n’avons pas eu l’occasion de savoir ce qui
s’est passé au moment du déjeuner entre le Président SARKOZY et son
homologue américain, notamment sur la question libanaise. Est-ce que,
aujourd’hui, vous pensez que vous avez la même approche
de la question libanaise ? Autre point : vous avez envoyé l’ambassadeur
COUSSERAN à Beyrouth. Quelle est sa mission ? Pourquoi il a été envoyé
alors que vous avez un ambassadeur chargé d’affaires qui est très actif
sur place. Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous a encouragé à
envoyer M. COUSSERAN ? Et dernièrement, j’ai lu qu’il y a un projet
pour M. KOUCHNER d’aller à Damas, est-ce que vous confirmez cette
information ?

DAVID MARTINON - Alors, dans le désordre, je ne confirme
évidemment pas le projet du Ministre des Affaires étrangères d’aller à
Damas, il le fera lui-même. Mais, à ma connaissance, il est trop tôt
pour évoquer un tel projet. Concernant la mission de Jean-Claude
COUSSERAN : franchement, quand on connaît Jean-Claude COUSSERAN, on
sait que c’est certainement le meilleur connaisseur en France
et parmi les meilleurs connaisseurs européens du monde arabe et du
Moyen-Orient. Pourquoi se priver d’une telle compétence ? Par ailleurs,
par opposition à l’ambassadeur résidant à Beyrouth, l’ambassadeur
COUSSERAN, puisqu’il est en mission extraordinaire, peut se déplacer
dans d’autres capitales. La valeur ajoutée, elle est là : dans sa
connaissance des dossiers, dans sa connaissance des hommes politiques
de ces pays accumulée par des années de présence dans la région, et
dans sa capacité à aller là où, par définition, un ambassadeur
accrédité auprès d’un autre Etat ne peut pas aller. Sur votre première
question, sur le déjeuner de Kennebunkport, nous n’avons pas dit
grand-chose après, en effet, puisqu’il s’agissait d’un déjeuner privé.
Je vous confirme qu’ils ont passé en revue un certain nombre de
grands sujets internationaux mais pas de manière que je puisse vous en
rendre compte de façon exhaustive puisque, je n’y étais pas et que cela
était fait de manière très informelle. Mais, à ma connaissance, en
effet, ils ont parlé du Liban. Quant à savoir si nous avons les mêmes
orientations que les Américains sur la question du Liban, ce qui est
sûr, c’est que la communauté Internationale et notamment
la France souhaite que le Liban retrouve sa pleine autonomie,
c’est-à-dire qu’il soit débarrassé de toutes les influences
extérieures, et que la paix et la tranquillité reviennent au Liban.
D’où la nécessité de réamorcer ce dialogue entre tous les partis
libanais. En ce sens, la mission de l’ambassadeur COUSSERAN se situe
dans la continuité de ce qui a déjà fait aux mois de juin et de
juillet, et
notamment de la rencontre de la CELLE SAINT-CLOUD, qui était une
rencontre informelle destinée à faire en sorte que les représentants
des 17 partis libanais puissent se retrouver pour parler sans agenda,
sans objectif, sans pression, sans presse, pour essayer de faire
ressortir quelques convergences afin de sortir le pays de l’état dans
lequel il est, et qui n’est pas idéal, c’est le moins que l’on puisse
dire.

QUESTION - Sur la Conférence des Ambassadeurs et le discours
du Président, est-ce que ce sera très général comme d’habitude ou
va-t-il changer son style et cibler sur certains sujets ?

D. MARTINON - Je ne vous autorise pas à dire que le style du
Président est très général. Disons qu’il abordera un très grand nombre
de sujets mais que comme à son habitude, il sera précis.

QUESTION - On a pu lire dans la presse cet été que Cécilia
SARKOZY serait amenée à s’exprimer à la rentrée pour mieux expliquer
son rôle. Est-ce que vous confirmez ou alors l’intervention de Cécilia
SARKOZY est-elle inenvisageable ?

D. MARTINON - Non, je ne confirme pas. Madame SARKOZY
s’exprimera quand elle le souhaitera. Je n’ai pas d’information sur le
moment où elle souhaitera le faire. C’est sa liberté, elle n’a de
compte à rendre à personne et donc je ne suis vraiment pas en mesure de
répondre à cette question. En tout cas je vous confirme qu’il n’y a pas
de rendez-vous prévu pour qu’elle vous dise ce qu’elle entend faire
dans les mois qui viennent.

QUESTION - C’est nécessaire ?

D. MARTINON - Non. Première dame de France, ce n’est pas une fonction.

QUESTION - Mais c’est le Président qui l’a appelée dans l’actualité, dans les dossiers ?

D. MARTINON - Non, cela c’est autre chose. Si vous voulez
parler de la commission parlementaire, d’abord je vous rappelle que le
Président de la République avait été le premier à en approuver l’idée.
Le Président de la République est très soucieux de communiquer toutes
les informations qu’il a en sa possession. Pour autant, il paraît
inconstitutionnel qu’il puisse répondre à la commission
d’enquête parlementaire. Ce serait une atteinte au principe de
séparation des pouvoirs puisque cette commission serait une émanation
du Parlement. Pour autant, il réfléchit à une manière de communiquer
aux membres de la commission ces informations. C’est le premier point.
Par extension, Madame SARKOZY, puisqu’elle était son envoyée
personnelle, tombe sous la même règle. En revanche, comme vous savez,
il y avait trois personnes dans la mission qui s’est rendue deux fois à
Tripoli. Il y avait Madame SARKOZY, Monsieur GUEANT, le Secrétaire
général de l’Elysée et Boris BOILLON qui est le conseiller technique en
charge du monde arabe au sein de la cellule diplomatique de l’Elysée.
Le Secrétaire général de l’Elysée, lui, est tout à fait à même de
parler au nom des trois. Et à vrai dire, il est impatient
d’éclairer la représentation nationale sur l’histoire de cette mission
qui a été, je vous le rappelle, un succès éclatant puisque elle a
permis la libération de ces personnes qui étaient emprisonnées dans des
conditions que d’autres que moi, y compris en Libye, on décrites comme
- c’est le moins que l’on puisse dire - n’étant pas enviables.

QUESTION - On a appris cette semaine que deux frères de la
ministre Rachida DATI qui ont eu des problèmes avec la justice. Un
frère a été jugé cette semaine, un autre va être jugé dans les mois qui
viennent. Est-ce que vous avez une réaction, un commentaire là-dessus ?

D. MARTINON - Excusez-moi Madame, mais la réponse est dans
votre question. Comment pouvez-vous espérer un commentaire du
Porte-parole de l’Elysée sur des affaires qui touchent des personnes
privées. Excusez-moi mais, vraiment, je n’ai rien à dire là-dessus. Et
si  c’est une manière d’essayer de fragiliser une personnalité du
gouvernement, elle n’est pas bonne. Je n’ai rien à dire là-dessus.

QUESTION - Le FMI a dit aujourd’hui qu’il y aura des
conséquences sur la croissance après la crise financière. Es-ce que
vous êtes en train de réviser vos attentes pour la croissance en France
? Deuxièmement, s’il faut réviser les cibles pour la croissance ici en
France, quelles seront les conséquences pour le déficit ? Comment
va-t-on payer pour les réformes que l’on est en train de construire ?

D. MARTINON - Sur les hypothèses de croissance, pour le
moment, aucun élément ne nous incite à les modifier. Concernant les
effets sur la croissance des récentes turbulences sur les marchés
boursiers, nous considérons que les décisions qui ont été prises ont
été appropriées et que, pour ce qui est des agents économiques
français, ceux qui n’ont pas pris de risques excessifs ne devraient pas
subir de contrecoup de ces turbulences boursières.

QUESTION - Pour revenir sur les relations franco-syriennes,
Monsieur KOUCHNER aurait demandé à Monsieur AL MALIKI, le Premier
ministre irakien, de transmettre un message à Monsieur ASSAD. J’imagine
que cela ce s’est pas fait sans l’approbation du Président. Est-ce que
cela indique un fléchissement···..

D. MARTINON - Je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus.
La position de la France, je n’ai cessé de la réaffirmer ici. Elle est
que, pour le moment, les clefs du dialogue se trouvent à Damas. Voilà,
je n’ai pas d’autre commentaire à faire là-dessus.

QUESTION - Monsieur KOUCHNER avait évoqué le 29 juillet
dernier au Caire devant les ministres arabes des affaires étrangères,
l’idée d’une conférence régionale sur le Liban. Est-ce que cette idée
tient toujours ? Deuxième chose, sur l’Irak, Monsieur KOUCHNER est allé
en Irak, est-ce que la France essaie d’aider les Etats-Unis de sortir
du bourbier irakien et comment ?

D. MARTINON - Sur le deuxième sujet, je vous confirme que le
Président de la République était très satisfait du déplacement de
Monsieur KOUCHNER. C’était un déplacement à forte valeur symbolique
puisqu’il s’agissait pour Bernard KOUCHNER d’être présent à Bagdad au
moment du quatrième anniversaire de l’attentat qui a coûté la vie à
Sergio VIEIRA DE MELLO, qui avait lui aussi officié au Kossovo
comme Bernard KOUCHNER. De ce point de vue, c’était un symbole très
fort. Et puis il était invité par Jalal TALABANI, le Président irakien.
Donc, évidemment, le Président a donné son accord à Bernard KOUCHNER
pour se rendre à Bagdad. A ma connaissance il n’a pas du tout été
question de ce déplacement lors du déjeuner de Kennebunkport entre le
Président SARKOZY et le Président BUSH. Quant à savoir
si on peut se satisfaire de la situation, évidemment non. D’abord pour
le peuple irakien qui mérite la stabilité, la tranquillité, et la paix.
Et, de ce point de vue, Bernard KOUCHNER a eu l’occasion de dire que,
de toute façon, la solution ne pouvait être que politique, qu’elle ne
pouvait être qu’Irakienne. Nous avons été et sommes toujours hostiles à
l’intervention américaine. Pour autant, personne
ne peut se satisfaire de la situation dans laquelle se trouve les
Etats-Unis en Irak. Bien sûr, tout ce qui a été dit sur le sujet reste
valable, à savoir qu’il faut à terme un calendrier de retrait des
troupes, de toutes les troupes étrangères. Mais à partir du moment où
nous-mêmes, nous n’avons pas de troupes sur le terrain, il est quand
même malaisé pour nous d’en préciser les échéances. Ce serait
particulièrement irresponsable.

QUESTION - Sur l’idée de la conférence régionale······

D. MARTINON - Si cela peut être utile, pourquoi pas ?

QUESTION - A la suite du passage du cyclone Dean donc la
reconnaissance de catastrophe naturelle ou de calamité agricole doit
intervenir très prochainement, vous l’avez dit, le Président reçoit des
élus martiniquais et guadeloupéens. Mais une certaine inquiétude existe
là-bas quant à la réalité du versement des subventions sachant qu’à la
Réunion, une partie très importante des indemnisations à la suite du
passage du cyclone Gamède n’a pas été versée. Alors quelles garanties
en dehors des garanties de l’Etat ?

D. MARTINON - Sur ce sujet, le Président de la République
aura l’occasion de s’entretenir avec François FILLON et Christian
ESTROSI sur l’évaluation de la situation. Il est trop tôt pour moi d’
en parler. Mais nous avons bien en tête ces préoccupations qui sont des
préoccupations majeures, bien sûr. Il n’est pas question que la
solidarité nationale soit prise en défaut à l’égard de nos compatriotes
antillais.

QUESTION - Sur les emprunts immobiliers. Confirmez-vous les propos tenus par le Président des journalistes de la PQR mardi ?

D. MARTINON - Oui, je confirme. Madame LAGARDE, ministre de
l’Economie et des Finances fera une communication au Conseil des
ministres, dont je vous rappelle qu’il aura lieu à 8 h 30 demain. Ce
sera l’occasion d’une discussion sur ce point précis. Donc, si les
choses sont arrêtées demain, c’est Laurent WAUQUIEZ qui vous en
présentera les contours à l’issue du Conseil des ministres.

QUESTION - (Inaudible)

D. MARTINON - Vous avez pris connaissance de la décision du
Conseil constitutionnel comme moi, elle l’interdit. Le Conseil
constitutionnel a jugé souverainement et, en vertu de la Constitution,
ses décisions s’imposent à toutes les autorités publiques françaises.
On ne peut pas aller contre cette décision.

Je vous remercie de votre présence et je vous souhaite une bonne rentrée.

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