NICOLAS SARKOZY ET LES FRANCAIS - 2007 - 2012

CARLA BRUNI : Je n’ai pas envie de devenir une dame et de renoncer complètement à la violence de ma jeunesse

CARLA BRUNI parle sans langue de bois. L’entretien accordé à Madame Figaro le 15 février 2007 est décapant et change de l’image habituelle de la première dame de France.

Un signe de rupture et de modernité ?

CARLA BRUNI

Extraits:

“Je me suis toujours sentie remarquée mais jamais je n’ai pensé que c’était pour ma beauté. J’étais timide, mais la timidité, c’est une immense prétention : c’est croire que tout le monde vous regarde et le regard des autres me fascinait. Aujourd’hui encore, j’aime être regardée. Le pire pour moi, ce n’est pas de déplaire, c’est de ne pas être vue.

Les dandys et les excentriques me fascinent.

J’ai besoin de promesses même si ce sont des mensonges. J’aime les illusions et les rêveries. Qu’on me mente ne me déplaît pas, la franchise est trop fondamentalement brutale à mes yeux. Et puis la franchise, je m’en méfie, c’est exactement comme l’extrême modestie : on s’en rengorge. Les hommes italiens promettent beaucoup, mais ce sont des embrouilleurs, bien sûr. Je mens assez naturellement, des petits mensonges, importants ou non, des mensonges par omission le plus souvent. Mais je ne mens pas activement, j’entends par là que je ne dis pas n’importe quoi…

Je préfère qu’on me traite de prédatrice plutôt que de vieux sac à puces ! (Elle rit.) Prédatrice, ce n’est pas si mal pour une fille : ça déplace le jeu ; normalement, une fille est une proie. Je ne suis pas habituée à ce qu’on vienne à moi. Cela a l’air complaisant, mais même dans le travail, c’est toujours moi qui suis allée au-devant des choses : personne ne m’a jamais arrêtée dans la rue pour me demander de faire des photos ou de chanter. Je n’attire pas les pygmalions : je m’auto-pygmalionne. Cela réclame une petite illusion – l’impression d’avoir un destin à creuser – et une grande prudence. D’ailleurs, je ne fais jamais de choses folles, je frôle les précipices mais je n’y vais pas. C’est le pragmatisme qui m’arrête : l’hygiène du corps ; je veux le contrôler, je refuse qu’il parte en vrille. Je commande mon corps, même si aucune femme ne peut vraiment dire ça ! Mon corps est mon allié, il m’est utile, je l’écoute.

Je suis une amadoueuse, une chatte, une Italienne. J’aime projeter la féminité la plus classique : la douceur, le “charmage”, la “charmitude”, comme pourrait dire Ségolène (elle rit). Mais je ne suis pas née comme ça : ce sont des vides que j’ai remplis. Je crois qu’il y a deux discours dans la séduction : d’une part, le charme de la parole, reliée à la pensée, l’intelligence, la culture. D’autre part, un discours en dessous, relié aux phéromones. C’est celui-ci qui m’intéresse. C’est aussi le discours de la musique. J’y suis extrêmement sensible.

Je n’ai pas envie de devenir une dame et de renoncer complètement à la violence de ma jeunesse.

Je suis fidele… à moi-même ! (Elle rit.) Je m’ennuie follement dans la monogamie, même si mon désir et mon temps peuvent être reliés à quelqu’un et que je ne nie pas le caractère merveilleux du dévelopement d’une intimité. Je suis monogame de temps en temps mais je préfère la polygamie et la polyandrie. L’amour dure longtemps, mais le désir brûlant, deux à trois semaines. Après ça, il peut toujours renaître de ses cendres mais quand même : une fois que le désir est appliqué, satisfait, comblé, il se transforme. Le pauvre, qu’est-ce que vous voulez qu’il fasse ? Moi, je ne cherche pas particulièrement l’établissement des choses : l’amour et le couple ne me rassurent pas. Je ne me sens jamais en couple

je redeviens cette espèce de kamikaze qui ne veut qu’une chose : vivre, vivre, vivre !

Très agréable, le sexe. C’est un des avantages de vieillir : c’est mieux. J’ai 39 ans et l’âge augmente la sensualité et le plaisir. Et le plaisir de vivre en général, celui de respirer, de manger, de goûter. Je ne suis pas une cérébrale mais une sensuelle.

J’aime le succès. Mais le succès s’échoue : il conduit inévitablement à l’échec. On s’y attache, on en jouit, on en redemande, on est tenté de faire du surplace pour ne pas le perdre. Et puis, il s’en va et c’est la désolation. Il n’y a plus de lumière, la place est cramée. C’est une chute flamboyante. Le succès, j’y suis très sensible car je pars de loin. Tout ce qui m’arrive est inespéré.”

Identificateurs Technorati : carla bruni, sarkozy

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