LETTRE INFO NICOLAS SARKOZY
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Notaire

Quelques lignes pour répondre à Alexandre.

Mon ami est fils d'enseignants et doit prochainement essayer d'acquérir une étude.
Jusqu'à présent, je suis contrainte de constater qu'il n'a pas rencontré les difficultés évoquées.
Je trouve pour ma part que l'image caricaturale du notaire donnée dans le public ne se justifie pas (ou plus) vraiment.
Sauf erreur de ma part, le notaire qui doit céder ses parts à mon ami est fils d'un marin et d'une couturière. Doit on considérer qu'il est un privilégié ? Mon ami fils d'enseignants est il un privilégié ?

Les générations actuelles sont en cours de renouvellement, peut être faut il cesser d'évoquer une image du notaire du 19ème siècle.
Il me semble que la profession a su évoluer ces dernières années.
Cela ne signifie pas néanmoins que d'autres progrès ne soient pas nécessaires.

Bien évidemment il existe des transmissions entre père et fils, père et fille etc, mais je ne perçois pas bien ou se situe le problème.
N'en est il pas de même dans toutes les professions ?
Mon père est directeur d'une entreprise et m'y fera prochainement engager. Est ce déloyal ou scandaleux? La concurrence avec les postulants n'existent pas non plus.
Les grandes entreprises françaises (Lagardère, Dassault, Pinault et LVMH notamment) ne sont-elles pas transmises à la famille plutôt qu'à une tierce personne?
Qui ne préfère pas céder son entreprise à un proche plutôt qu'à un tiers ?

Il y a sans doute besoin de quelques réformes dans le notariat afin de conserver (ou d'accroître) un service de qualité, mais il ne paraît pas judicieux de remettre en cause toute la réglementation de cette profession.

Si la déreglementation (numerus clausus + réforme du tarif) doit avoir lieu, le risque de perte de qualité est à priori réel.

Quel notaire, soumis alors à une féroce concurrence, devant satisfaire à ses obligations d'officiers ministériels, à ses obligations d'employeurs et s'attribuer une rémunération, souhaitera s'occuper de modestes clients qui auront besoin d'un conseil ?

Le concept d'officiers ministériels ne s'oppose t il pas à à cette féroce concurrence ? Si cette profession doit être soumise à la libre concurrence, alors ne faut il pas les laisser gérer les dossiers comme bon lui semble sans contrainte due à ce statut particulier.
Si cette voie est celle qui doit être empruntée, la suggestion de fusion des professions de notaire et d'avocat pourra alors voir le jour. Cette création sera alors encore plus dangereuse. Selon que vous soyez puissant ou misérable...

Certains rétorqueront que les modestes clients sont déjà délaissés.
Qui empêche ces clients, aujourd'hui et sans réforme, d'aller confier leurs affaires à un autre notaire ?

Ainsi sera instituée une forme de méritocratie dans le notariat.

Seul le notaire soucieux de ces clients augmentera ainsi son chiffre d'affaires.

D'après les commentaires de mon ami et de ses collègues, les clients n'osent pas suffisamment mettre en concurrence les notaires.
Il semble que les seuls clients qui fassent jouer la concurrence essaient de savoir quel notaire sera le moins onéreux.
Or, sauf erreur de ma part, le tarif est le même pour tous les notaires.

En revanche, l'accueil, le conseil, la disponibilité, ne sont pas équivalents d'une étude à une autre.

En outre, d'après ce que mon ami et ses collègues m'ont rapporté, beaucoup de clients sont trop attachés à la magnificience des locaux ou à la réputation d'un notaire.
En un mot, cela fait mieux d'aller chez le notaire (3ème génération de notaire au même lieu) du centre ville de la préfecture au sein de flamboyants locaux que chez un modeste notaire de banlieue ou de campagne.

Il semble même que certains clients n'aient même pas la chance de rencontrer le notaire lui même mais uniquement un de ses collaborateurs.

Non pas que ce dernier ne soit pas compétent, mais sauf cas d'urgence ou d'exigence particulière du client, il y a minimum de respect de la clientèle à présenter.

Encore une fois, rien n'empêche les clients de se rendre dans une autre étude.

Quant au service de qualité et de proximité en cas de déreglementation, inutile de préciser que seuls les dossiers importants et lucratifs seront traités.
Est ce l'objectif à atteindre?

La collaboration entre certaines études (piste évoquée par Alexandre) est vraisemblablement une bonne idée, à condition que le secret professionnel et le détournement de clientèle puissent être garantis.

S'agissant des brebis galeuses, malheureusement il en existe partout: PDG de grandes entreprises, politiciens, avocats..., est ce pour autant qu'il faut une réforme de toutes ces professions ?

Quant à mon ami, je vous avoue qu'il ne s'est plus si il doit poursuivre dans sa volonté d'installation.
Il n'existe aucune lisibilité de l'avenir.

La jalousie (compréhensive eu égard au marasme actuel) à l'égard des professions réglementées ne me semble pas justifiée.
Peut être est elle en revanche électoralement justifiée?

Peut être faudrait il adopter quelques réformes sans vouloir systématiquement tout remettre en cause puis laisser un peu de temps au temps.

Chaque jour une réforme, chaque jour une annonce, ne faudrait il pas laisser un peu la France travailler et relancer son économie plutôt que de trouver aux français quotidiennement un motif de mobilisation voir de grève ?

Est ce que le Président et le Gouvernement souhaitaient à ce point ce qui est en train de se produire: désenchantement de la jeunesse, colère et anxiété des actifs proches de la retraite, découragement des jeunes actifs, jalousie entre générations, réminiscence d'esprits troskistes dans toutes les classes de la population...
Si tel est l'intention présidentielle, il faut poursuivre.

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