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Paul Valéry et le point faible des Français

mar, 01/22/2008 - 11:30

Dans les Cahiers de Paul Valéry, cette note où le Valéry adepte du langage précis ne s’en méfie pas moins de la notion trompeuse de clarté:

“Le point faible des Français est leur facilité à être séduits par une idée qui leur semble claire. Ce qui semble clair est clair. Ce qui est clair est vrai - (c’est-à-dire qu’à une idée claire correspond une chose réelle). Voilà deux principes qui sont tout-puissants dans la nation.

Exemples : Boileau, Rousseau.

Et ceci explique aussi (un peu) la lutte / le démêlé / de la France contre l’Eglise, laquelle est maîtresse dans l’équivoque et les combinaisons. L’idée brute Liberté, Egalité, Fraternité.”

(1924-1925, Pléiade II page 1469)

“Carré blanc sur fond blanc.”

Kasimir Malevitch LITTERATURE, PAUL VALERY, politique

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Someone’s in trouble (Mulholland Drive) - ce que le travail onirique invente, c’est la boîte bleue qui va avec cette clé

jeu, 01/17/2008 - 16:55


Mulholland drive
(DAVID LYNCH) : la clé des songes.

…cette clé (de la mort) n’ouvre rien du tout…

Chapitre 3, “ Someone’s in trouble ” (Une mort annoncée). Par Pierre Tévanian

“…la clé bleue est bel et bien le signe du meurtre de Camilla - tout simplement parce que le tueur professionnel a choisi cet objet pour indiquer à Diane que le travail a été fait ”. En revanche, ce que le travail onirique invente, c’est la boîte bleue qui va avec cette clé.

Pour savoir ce que peut désigner cette boîte, il faut se souvenir du moment où le tueur montre à Diane la clé bleue. Diane lui demande naïvement ce que cette clé ouvre. Le tueur ne répond rien, il se contente de ricaner - manière inélégante de répondre à Diane que cette clé n’ouvre rien du tout, et qu’elle est en train de s’engouffrer dans une voie sans issue. En effet, si la clé bleue symbolise le meurtre de l’être aimé, et si cette clé ouvre la boîte bleue, alors la boîte représente les perspectives ouvertes par le meurtre de l’être aimé. Or, il est bien évident que ce meurtre qu’elle est en train de commanditer n’ouvre sur rien d’autre que le néant et la mort. C’est ce que confirme la séquence du club Silencio, lieu d’apparition de cette boîte bleue. Car le Silencio, cet espace nocturne et glacial perdu au bout d’un immense parking, est une représentation assez plausible de la mort. Rita l’a d’ailleurs laissé entendre, en y invitant Betty dans ces termes :

“ You must come with me somewhere ”

(“ Tu dois venir avec moi quelque part ”)

Une phrase que nous pouvons entendre ainsi : rejoins moi là où je suis, là où tu m’as envoyé : chez les morts. Appel auquel, d’ailleurs, Diane Selwyn répondra à son réveil, à la fin du film, en se tirant une balle dans la bouche. On peut donc dire que la boite bleue représente l’absence d’avenir de Diane une fois le meurtre exécuté. Car ce meurtre ouvre sur le néant, ce que confirme la fin du rêve, lorsque la boîte bleue apparaît bien comme une “ boîte à néant ” : à peine rentrée à la maison, Betty disparaît, et Rita se retrouve seule avec la boite bleue ; à peine ouverte, cette boîte aspire Rita dans un “ trou noir ” ; le rêve s’arrête alors, faute de personnages.

Mais la boîte bleue peut aussi symboliser le rêve, qui est le seul sursis que peut s’offrir Diane avant de rejoindre Camilla au royaume des morts. La seule “ porte ” qui reste ouverte après un acte aussi irréversible et monstrueux que le meurtre de l’être aimé, hormis celle du royaume des morts, c’est celle du sommeil et du rêve. Lorsqu’on a tué l’être aimé, il vaut mieux fuir la réalité et se réfugier dans un rêve où l’irréparable n’a pas eu lieu.

La boite bleue représente donc l’envers de la vie : soit le rêve et l’illusion, soit la mort. Et sans doute peut-on aussi voir dans ce “ trou noir ” la “ chambre obscure ”, la caméra, l’usine à rêves qu’est Hollywood.

Le message de Lynch, alors, serait le suivant : Hollywood fait rêver, et Hollywood tue. Hollywood tue en faisant rêver.”

La suite :

Mulholland drive : la clé des songes. Chapitre 3 - Les mots sont importants (lmsi.net)

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s’ils le soupçonnaient de savoir qu’ils n’ont pas lieu

mer, 01/16/2008 - 00:53

“Au fond je considère l’époque contemporaine comme un interrègne pour le poète qui n’a point à s’y mêler:

elle est trop en désuétude et en effervescence préparatoire pour qu’il ait autre chose à faire qu’à travailler avec mystère en vue de plus tard ou de jamais

et de temps en temps à envoyer aux vivants sa carte de visite, stances ou sonnet, pour n’être point lapidé d’eux, s’ils le soupçonnaient de savoir qu’ils n’ont pas lieu.”

Mallarmé, cité par Joseph Attié, Mallarmé le livre, Editions du Losange, page 405.

Joseph Attié ajoute :

“Lui, en somme, savait que les “vivants” n’ont pas lieu.”

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LITTERATURE, MALLARME
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notes de Mémoires d’Hadrien

mar, 01/15/2008 - 02:56

Marguerite Yourcenar. Dans les carnets de notes de Mémoires d’Hadrien :

“Projet abandonné de 1939 à 1948. J’y pensais parfois, mais avec découragement, presque avec indifférence, comme à l’impossible. Et quelque honte d’avoir jamais tenté pareille chose.” (folio page 324)

(Commencés en 1924, les Mémoires d’Hadrien furent finalement achevés et publiés en 1951. 27 ans plus tard.)

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HADRIEN, HISTOIRE ROMAINE, LITTERATURE, YOURCENAR
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DESIR TRIANGULAIRE

lun, 01/14/2008 - 04:26

L’homme est cette créature qui a perdu une partie de son instinct animal pour accéder à ce qu’on appelle le désir.

Une fois leurs besoins naturels assouvis, les hommes désirent intensément, mais ils ne savent pas exactement quoi car aucun instinct ne les guide.

Ils n’ont pas de désir propre. Le propre du désir est de ne pas être propre.

Pour désirer vraiment, nous devons recourir aux hommes qui nous entourent, nous devons leur emprunter leurs désirs.

(Je vois Satan tomber comme l’éclair, René Girard. Grasset page 35)

Femmes devant Van Cleef & Arpels,

place Vendôme

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DESIR, LITTERATURE, RENE GIRARD
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LEO FERRE REQUIEM

lun, 01/14/2008 - 04:01

Extrait du Grand Echiquier, REQUIEM de Léo Ferré (1975)

Pour ce rythme inférieur dont t’informe la Mort
Pour ce chagrin du temps en six cent vingt-cinq lignes
Pour le bateau tranquille et qui se meurt de Port
Pour ce mouchoir à qui tes larmes font des signes

Pour le cheval enfant qui n’ira pas bien loin
Pour le mouton gracieux le couteau dans le rouge
Pour l’oiseau descendu qui te tient par la main
Pour l’homme désarmé devant l’arme qui bouge

Pour tes jeunes années à mourir chaque jour
Pour tes vieilles années à compter chaque année
Pour les feux de la nuit qui enflamment l’amour
Pour l’orgue de ta voix dans ta voix en allée

Pour la perforation qui fait l’ordinateur
Et pour l’ordinateur qui ordonne ton âme
Pour le percussionniste attentif à ton coeur
Pour son inattention au bout du cardiogramme

Pour l’enfant que tu portes au fond de l’autobus
Pour la nuit adultère où tu mets à la voile
Pour cet amant passeur qui ne passera plus
Pour la passion des araignées au fond des toiles
Pour l’aigle que tu couds sur le dos de ton jeans
Pour le loup qui se croit sur les yeux de quelqu’un
Pour le présent passé à l’imparfait du spleen
Pour le lièvre qui passe à la formule Un
Pour le chic d’une courbe où tu crois t’évader
Pour le chiffre évadé de la calculatrice
Pour le regard du chien qui veut te pardonner
Pour la Légion d’Honneur qui sort de ta matrice
Pour le salaire obscène qu’on ne peut pas montrer
Pour la haine montant du fond de l’habitude
Pour ce siècle imprudent aux trois quarts éventé
Pour ces milliards de cons qui font la solitude

Pour tout ça le silence

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FOUCAULT : Il faut débattre sur les conditions du débat

dim, 01/13/2008 - 12:12

Le Nouvel Observateur. - Comment pensez-vous qu’on pourrait restaurer un débat intellectuel rigoureux?

M.Foucault. - Il faut débattre sur les conditions du débat.

…j’ajouterai que les échanges, les discussions, éventuellement le débat assez vif entre des idées différentes n’ont plus de lieu pour s’exprimer.”

(On pourrait penser qu’Internet permet aujourd’hui de fournir des lieux de “débat assez vif”, mais en réalité le concept de troll, sorti comme un carton rouge dès que le débat devient vif, bloque souvent cette potentialité).

Un entretien inédit avec Michel Foucault

Pour en finir avec les mensonges

Quelque temps avant sa mort, le 25 juin 1984, l’auteur d’Histoire de la folie faisait un portrait au vitriol de l’intelligentsia

A lire : Mensonge

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La descente des dieux dans le Niebelheim

sam, 01/12/2020 - 07:30

Il faut entrer en soi-même armé jusques aux dents.

(Cahiers de Paul Valéry, Homo, Pléiade II page 1406)

La descente des dieux dans le Niebelheim.
- Richard Wagner, Das Rheingold (Der Ring des Nibelungen):

Thomas Stewart as Wotan
Peter Schreier as Loge
Zoltan Kelemen as Alberich
Gerhard Stolze as Mime

Herbert von Karajan, Berliner Philharmoniker

Egalement :

Götterdämmerung

La fin des dieux :

» VIDEO WAGNER L’or du Rhin - Final

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Sceptique

ven, 01/11/2020 - 23:01

Une des plus jolies définitions du scepticisme, dans les Cahiers de Paul Valéry:

“Le Sceptique est celui qui perçoit dans les paroles d’autrui et dans ses propres pensées toutes les modifications qu’on peut leur faire subir sans rien changer dans l’observable.”

(Pléiade II, page 1406. Note de 1925-1926)

Katharina Klimscha, AWG 11b

L’élève illustre dans un portrait dessiné le regard sceptique d’un jeune
— pour ainsi dire par delà les époques (renaissance) –
qui prend conscience des abîmes de la vie

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VIDEO : LES MYTHES DE LA BANDE DESSINEE

ven, 01/11/2020 - 22:29

DE TINTIN A TITEUF Les mythes de la bande dessinée

Un film de Bernard Malaterre.

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VIDEO L’aventure de Edgar P. Jacobs avec Blake et Mortimer - Narrateur : JEAN TOPART

mar, 01/08/2020 - 20:22

Excellent documentaire en sept parties sur l’univers de BLAKE ET MORTIMER, du dessinateur EDGAR P. JACOBS

Le narrateur est Jean Topart.

Un film écrit et réalisé par Francis Gillery

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RENE GIRARD Je vois Satan tomber comme l’éclair

lun, 01/07/2020 - 10:14

“Dans l’Evangile de Luc, le Christ voit Satan “tomber du ciel comme l’éclair”.

De toute évidence c’est sur la terre qu’il tombe et il n’y restera pas inactif.”
(René Girard, Je vois Satan tomber comme l’éclair. Grasset, page 286)

Permanence des thèmes omniprésents chez Girard, vus dans la violence et le sacré, dans mensonge romantique & vérité romanesque.

Mais ici la symbolique chrétienne est si présente, que la lecture en devient plus difficile pour un non croyant. Il faut faire effort pour entrer dans la démarche girardienne, en cherchant avec lui dans les Evangiles la théorie de l’homme et non celle de Dieu. Sans hausser les épaules face à la croyance. Sans se contenter non plus d’en rester à la lecture poétique, facile face à la figure de Satan :

“le “tentateur”, l’ “accusateur”, le “prince de ce monde”, le “prince des ténèbres”, le “meurtrier depuis l’origine”, le metteur en scène dissimulé de la Passion”… (page 281)

Girard poursuit son interrogation sur la violence des foules.

“La parole évangélique est la seule à problématiser vraiment la violence humaine.

Dans toutes les autres réflexions sur l’homme, la question de la violence est résolue avant même d’être posée.

Ou bien la violence passe pour divine, et ce sont les mythes,

ou bien on l’attribue à la nature humaine, et c’est la biologie,

ou bien on la réserve à certains hommes seulement (qui font alors d’excellents boucs émissaires), et ce sont les idéologies,

ou bien encore on la tient pour trop accidentelle et imprévisible pour que le savoir humain puisse en tenir compte : c’est notre bonne vieille philosophie des Lumières.

Devant Joseph, au contraire, devant Job, devant Jésus, devant Jean Baptiste et d’autres victimes encore, on s’interroge : pourquoi tant d’innocents expulsés et massacrés par tant de foules furieuses, pourquoi tant de communautés en folie ?” (Grasset, page 284)

Montage de photos sur une chanson de Léo Ferré
interprétée par Dionysos : THANK YOU, SATAN

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Espions et mouchards

lun, 01/07/2020 - 03:49

“Un aubergiste est le répertoire vivant de toutes les aventures, il fait la police sans s’en douter.

Un gouvernement doit entretenir tout au plus deux cent espions ; car dans un pays comme la France, il y a dix millions d’honnêtes mouchards.”

Dans Splendeurs et misères des courtisanes, de Balzac. Chapitre “A combien l’amour revient aux vieillards“.

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BERNANOS : On me pressait de devenir un garçon pratique sous peine de crever de faim. Or, ce sont mes rêves qui me nourrissent

lun, 01/07/2020 - 02:18

Bernanos, dans Les Enfants humiliés :

“Si loin que je remonte vers le passé, je ne me souviens pas d’avoir eu beaucoup d’illusions.

L’illusion, c’est le rêve à bon marché, fil et coton, le rêve trop souvent greffé sur une expérience précoce, le rêve des notaires futurs.

J’ai fait des rêves, oui, mais je savais bien qu’ils étaient des rêves.

L’illusion est un avorton de rêve, un rêve nain, proportionné à la taille de l’enfance, et moi, mes rêves, je les voulais démesurés - sinon, à quoi bon les rêves ?

Et voilà précisément pourquoi ils ne m’ont pas déçu.

Si je recommençais la vie, je tâcherais de les faire encore plus grands, parce que la vie est infiniment plus grande et plus belle que je n’avais cru, même en rêve, et moi plus petit.

J’ai rêvé de saints et de héros, négligeant les formes intermédiaires de notre espèce, et je m’aperçois que ces formes intermédiaires existent à peine, que seuls comptent les saints et les héros.

Les formes intermédiaires sont une bouillie, un magma - qui en a pris au hasard une poignée connait tout le reste, et cette gelée ne mériterait pas même de nom, si les saints et les héros ne lui en donnaient un, ne lui donnaient leur nom d’homme.

Bref, c’est par les saints et les héros que je suis, les héros et les saints m’ont jadis rassasié de rêves et préservé des illusions.

Je n’ai jamais pris, par exemple, les bigots pour des chrétiens, les militaires pour des soldats, les grandes personnes pour autre chose que des enfants monstrueux, couverts de poils.

A quoi servent-ils ? me demandais-je.

Au fond je me le demande encore.

Le fait est qu’ils ne m’ont servi à rien. Car voilà justement de quoi faire tiquer les réalistes conseilleurs, voilà ce qui donne à ma pauvre vie un sens - par ailleurs si plate et si bête… On me pressait de devenir un garçon pratique sous peine de crever de faim. Or, ce sont mes rêves qui me nourrissent. Les bigots, les militaires et les grandes personnes en général ne m’ont absolument servi à rien, j’ai dû trouver d’autres patrons, Donissan, Menou-Segrais, Chantal, Chevance, - c’est dans la main de mes héros que je mange mon pain.”

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La belle et la bête

dim, 01/06/2020 - 06:16

“L’esthéticien, fort laid, dans une salle incolore, parle de la beauté.”

(Cahiers, Paul Valéry, Art et esthétique, Pléiade II page 963)

(A en croire Jean-François Kahn, et Cyril Skinazy, il faudrait préciser qu’un esthéticien, chez Valéry, n’a rien à voir avec une esthéticienne… et ce n’est pas qu’une question de sexe.)

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Montherlant - A quel point une femme peut empoisonner une soirée

dim, 01/06/2020 - 03:34

Tous feux éteints :

“A quel point une femme peut empoisonner une soirée, une journée ou un déplacement.

Toujours à trois mètres derrière vous, ne pouvant se mettre à votre pas, tombant dans l’escalier, empruntée, gauche, à côté d’elle-même.

Ne sachant que dire, ou ne disant que des banalités telles qu’on n’a pas la force d’y répondre.

Si l’hôtel n’est pas assez chic, se plaignant insidieusement : “Oui, c’est modeste ! Je vais me tuer dans cet escalier !…” et on entend ses soupirs d’une chambre à l’autre.

Si l’hôtel est très chic, y détonnant par sa présence, son air emprunté, à côté d’elle-même, pas habituée aux endroits chics.

La femme silencieuse, qui ne dit pas un mot, qui pompe tout ce que vous pourriez avoir d’amusement, d’intérêt, qui fait que tout ce que vous voyez à son côté n’est pas vu, qui vous empêche de voir le musée, qui vous enlève le goût du manger quand elle est devant vous silencieuse à table. Tout ce qui est autour de vous est annulé ! Et toute votre personnalité est annulée.

A l’instant où cette femme nous quitte, le monde revient, et vous-même vous revenez.

Comme elle disait : “Vous avez des ennuis ?”, elle ne savait pas que c’était elle qui vous ennuyait.”

(Montherlant, Carnets sans dates et carnets 1972, Gallimard, page 126)

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